Cahier des remontrances, demandes, plaintes et doléances des habitants de la commune de Valenciennes, 12 avril 1789 (AA 391)

Le 24 janvier 1789, devant l’impossibilité de la Monarchie à se réformer et à faire face à une dette colossale, Louis XVI se résout à convoquer l’assemblée des États généraux du royaume le 5 mai suivant. Pour alimenter les réflexions des députés, des cahiers de doléances sont rédigés partout dans le royaume. À Valenciennes, la rédaction du cahier des remontrances, demandes, plaintes et doléances a été confiée à 17 commissaires parmi lesquels Pierre Le Hardy de La Loge, Adrien et Jean-Claude Perdry, André Pourtalés et Antoine Prouveur de Pont qui seront tour à tour maire de la Ville.

Prestation de serment de la première Municipalité, 1er mars 1790 (2 K 517)

Le 14 décembre 1789, l’assemblée constituante fait paraître un décret créant les municipalités pour diriger les communes. Le 1er mars 1790 a donc lieu à Valenciennes la première élection municipale. A l’issue de ce scrutin au suffrage direct, c’est le prévôt de la Ville, Pierre Le Hardy de La Loge qui est élu. A ces côtés, aux postes de conseillers municipaux, bons nombres d’anciens échevins. Bien que les attributions des édiles changent, le personnel politique reste en place. 
Juste après leur élection, le maire et ses conseillers se rendent à la maison échevinale, devenue maison commune, pour prêter serment « de maintenir de tout [leur] pouvoir la constitution du royaume, d’être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi et de bien remplir [leurs] fonctions. »

Lettre de sommation du duc d’York au général Ferrand, 14 juin 1793 (6 H 12)

Le 14 juin, avant de commencer à bombarder la ville assiégée, le duc d’York, commandant des troupes alliées, somme le général Ferrand, commandant de la place, de se rendre afin d’éviter « la ruine irrémédiable de toutes les possessions dans cette ville ». Parallèlement, le duc fait parvenir au maire de Valenciennes une autre lettre dans laquelle il lui demande de faire pression sur Ferrand : « si vous êtes attachés à vos propriétés, à votre existence, écartez […] la ruine d’une ville aussi florissante que la vôtre. Après ce que vous venez de lire, vous ne pourrez plus m’accuser de cruauté. Mais je vous réitère que la résolution que vous prendrez va décider de vôtre sort. Il sera heureux ou terrible. »

La réponse du général est claire :
« J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire datée du 14 juin 1793 où vous me faites une sommation de rendre la place que j’ai l’honneur de commander au nom de la République française. Il m’est aisé de vous faire ma réponse. Vous voudrez bien en juger par la copie du serment que j’ai renouvelé avec ma garnison et les habitants »

Le 30 juillet, sous la pression de la population, le général Ferrand capitule. Commence alors l’occupation de la ville par les troupes autrichiennes qui y rétablissent les institutions d’Ancien Régime. 

Actes de capitulation de la garnison autrichienne occupant la ville, signés du général Schérer, du représentant du peuple Jean-Baptiste Lacoste et du général autrichien De Cammeler, An II (10 fructidor) [27 août 1794] (6 H 37 ter)

Le 30 juin 1794, les troupes révolutionnaires conduites par le général Jourdan remportent la bataille de Fleurus. La reconquête des villes occupées au Nord du pays est lancée. Après la reprise de Landrecies le 17 juillet, suivie par celle du Quesnoy le 15 juillet, Venceslas de Cammeler, commandant militaire autrichien à Valenciennes, prend conscience que les jeux sont faits. Sans espoir de renforts, il accepte sans résistance la proposition de capitulation que lui présente le général français Schérer.
Ces actes de capitulation portent également la signature de Jean-Baptiste Lacoste, représentant du peuple envoyé par la Convention nationale pour faire respecter les idées de la République. Commence alors à Valenciennes ce que certains historiens appellent « une terreur à retardement ».