À la Reine. Valenciennes, 1778 (HH 1 88)

Gravure au burin de Jean-Joseph Durig (1750-1816)

En décembre 1778, la Ville décide de rendre hommage à la reine Marie-Antoinette en lui offrant un cadeau exceptionnel : quatre pièces de baptiste de Valenciennes dont la finesse est reconnue à travers le monde. Le contenant doit être à la hauteur du contenu. Pour ce, on fait appel aux meilleurs artisans de la ville pour confectionner une superbe cassette que Jean-Joseph Durig (1750-1816), graveur natif de Strasbourg orne d’une peinture à l’encre de Chine. Cette œuvre met en valeur la capitale du Hainaut. Les armes de Valenciennes, flanquées des deux cygnes mythiques, trônent au centre de l’image. Dans la partie droite, Durig représente les fortifications de la ville alors que la partie gauche est consacrée à la place d’Armes et à l’hôtel de ville, fiertés des Valenciennois. On distingue également, derrière un métier à tisser, l’imposant beffroi et la statue de Louis XV, sculptée par Jacques Saly en 1752. Impressionné par le travail de l’artiste, le Magistrat lui demande de graver son œuvre et lui achète la plaque ainsi que les premiers tirages. 
 

Testament de Jehan de Tournai, 10 mai 1499 (II 2 2025)

Jehan de Tournai, bourgeois de Valenciennes, fit fortune dans le commerce de draps. En 1488, il entreprit un long pèlerinage vers Rome, Jérusalem et Saint-Jacques-de-Compostelle. À son retour, il rédigea un important récit de pèlerinage dont le manuscrit est aujourd’hui conservé à la Médiathèque municipale de Valenciennes. 
Sans enfant, il distribua une grande partie de ses biens à de nombreuses institutions religieuses et charitables. Son testament sur parchemin, qui mesure 57,5 x 68 cm, témoigne de sa grande prodigalité.

 

Lettre de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, 31 août 1519 (AA 153)

Le 28 juin 1519, le roi d’Espagne Charles Quint est élu empereur du Saint-Empire romain germanique. La compétition fut rude avec François Ier, roi de France, lui aussi candidat à la couronne impériale. La ville de Valenciennes se réjouit à l’annonce de cette nouvelle car Charles Quint est également comte de Hainaut. Des festivités sont organisées et donnent lieu à des débordements et manifestations d’hostilité au roi de France par des "farces, figures ou dé-monstrations". Face au mécontentement de François Ier, Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, demande des explications au Magistrat de la ville.
Outre l’intérêt de ce document pour comprendre la place de Valenciennes dans les relations internationales au début du XVIe siècle, cette lettre témoigne également d’une tradition théâtrale dès cette époque.  
 

Certificat signé de Gaspar De Crayer, David Teniers, Louis Primo alias Gentil, Daniel Van Heil et Charles Wautier, peintres constatant la qualité du tableau de Peeter Snayers représentant le siège de Valenciennes en 1656, septembre 1662 (AA 258)

Peu de temps après l’échec du siège de Valenciennes par les troupes de Louis XIV en 1656, le Magistrat de la Ville commande au peintre flamand Peeter Snayers (1592-v. 1666) une représentation de cette épisode glorieux de l’histoire de la cité. Le tableau, intitulé « Le secours de la ville de Valenciennes » fut livré en mars 1662. Malgré la qualité du travail, le Magistrat tarde à payer au peintre ce qu’il lui doit. Après plusieurs lettres de relance, en septembre 1662, Snayers n’hésite pas transmettre aux édiles de la ville un certificat signés de plusieurs peintres renommés, attestant de la qualité de son travail. Se trouvent ainsi réunis sur ce document les autographes de Peeter Snayers, Gaspar De Crayer (1584-1669), David Teniers (1610-1690), Louis Primo alias Gentil (v. 1605-1667), Daniel Van Heil (1604-1662) et Charles Wautier (1609-1703).

Inventoir des lettriaiges de la bonne maison des povres Chartriers de la ville de Vallenciennes… l’an 1597 (Fonds de l’Hospice des Chartriers, B 35)

Cet « inventoir des lettriaiges », c’est-à-dire un inventaire des archives, est le plus ancien aujourd’hui conservé dans les fonds des archives de Valenciennes. Il témoigne de la rigueur avec laquelle les archives des institutions hospitalières étaient classées et conservées. Il mentionne essentiellement des titres de propriété dont les plus anciens datent du XIVe siècle. Bon nombre de ces documents sont aujourd’hui encore présents dans les fonds.

Bien plus qu’un simple inventaire, ce registre indique également dans la marge de gauche les revenus tirés des propriétés. Comme aujourd’hui, la raison première de la conservation des archives et de leur bonne gestion était de faire valoir des droits. Les fonds d’archives constituaient de véritables trésors au sens pécuniaire du terme.

Explication du plan de la ville de Valenciennes, de ses fortifications intérieures et extérieures, et du siège fait par l’armée de France sous la conduite des maréchaux de Turenne et La Ferté

Plan manuscrit en couleur, 18e siècle, 33 x 80 cm.

L’auteur de ce plan, probablement valenciennois, décrit avec une grande précision la position des troupes françaises et espagnoles lors du siège de 1656. On y voit la ville de Valenciennes encerclée par les troupes françaises elles-mêmes entourées par les soldats du prince de Condé.
Ce plan permet de voir également que l’inondation des marais de l’Épaix et de Bourlain, constitue pour les Valenciennois un moyen efficace de se défendre. La montée des eaux permet de couper les troupes de Turenne, postées sur la rive droite de l’Escaut, de celles de la Ferté, sur la rive gauche. Les troupes des assiégeants, pour faire leur jonction, doivent construire une digue au marais de Bourlain qu’une flotte équipée par les Valenciennois vient attaquer. Cette action est l’un des éléments décisifs de l’échec du siège.
Ce plan d’une exceptionnelle précision est accompagné d’une légende détaillée permettant de connaître la position de chaque protagoniste.